Mission de Vision du Monde au Pays Dogon – Mali

Bouréma Dolo, l’un de nos guides au Mali, et chargé de nos projets de développement, a réalisé une mission en juin 2015 au Pays Dogon pour Vision du Monde. Suivons-le dans les villages dogons au pied de la falaise de Bandiagara.


Lueur d’espoir pour le tourisme au Pays Dogon ?


« Nous sommes au mois de juin 2015, le soleil chauffe le plateau minéral du Pays Dogon. La pluie est absente dans de nombreuses parties de la région. Les arbres n’ont pas encore revêtu leurs feuillages. Sous les rares ombres des villages, quelques poignées de gens s’assoient. Ils palabrent de tout et de rien, assis autour d’une calebasse de bière à mil, d’un jeu de carte ou encore d’un awalé ; se remémorant avec nostalgie l’époque où le tourisme équitable et solidaire au Mali prospérait.

Pendant ce temps, d’autres partent à la recherche de foins qui n’existent pas, pour des animaux squelettiques qu’ils viennent d’adopter comme activité secondaire, indispensable cependant depuis la désertion des touristes.

Si l’activité touristique a maintenu jusque-là les jeunes au Pays Dogon, son arrêt les oblige aujourd’hui à quitter la région, faute d’emplois et de ressources suffisantes. Ils se dirigent alors vers les grandes villes comme Bamako, ou les mines d’orpaillage traditionnel en Côte d’Ivoire ou au Cameroun. 

Ainsi, les différents acteurs du tourisme tels les commerçants, loueurs de vélos et même vendeurs de poulets ressentent fortement l’absence du tourisme.

La vie est difficile mais les gens ont toutefois gardé l’espoir que les voyageurs reviennent en Pays Dogon, surtout depuis la sécurisation du nord du Mali.

 

Accord de paix au Mali, juin 2015

Un accord de paix a été signé par le dernier mouvement de la rébellion touarègue du nord du Mali (l’Azawad) le 20 juin dernier, à Bamako. Tous les partenaires et acteurs de la crise qui se déroule depuis janvier 2012 ont pour la première fois ratifié cet accord. Il vise à instaurer une paix durable dans le nord du pays et à lutter contre le djihadisme.

La rébellion touareg de 2012 a provoqué un coup d’état qui a permis l’occupation des trois régions du nord du Mali par les terroristes. L’opération Serval, menée par la France a permis de chasser les terroristes des grandes villes qu’ils occupaient au nord du pays (Tombouctou, Gao, Kidal) et de favoriser l’organisation de l’élection présidentielle et législative de 2013. Cependant, le problème entre Bamako et certains groupes touareg persistait.


L’accord tant attendu depuis plusieurs années est ainsi obtenu, après plusieurs mois de négociations à Alger. Toutes les parties sortent gagnantes,  l’intégrité du territoire est sauvée. Dirigeants et rebelles ont opté pour une décentralisation poussée qui donne plus de pouvoir aux élus locaux pour un développement harmonieux de leur région. Le gouvernement malien et les autres groupes armés (rebelles, groupes d’auto-défense) comptent grandement sur la mise en œuvre de cet accord. Il permettra également d’identifier les terroristes afin de les neutraliser car ils sont les ennemis de toutes les parties signataires.

Le ministre français de la défense, Jean-Yves Le Drian, invité sur Europe 1 ce dimanche 21 juin, a par ailleurs jugé qu’il s’agissait « d’un accord historique », qui va mettre fin à des décennies de conflits entre les peuples du Nord et du Sud. Une belle promesse pour l’avenir du Mali donc qui doit être maintenant confirmée sur le terrain. » 

 

Suivi des projets de développement de Vision du Monde au Mali

Depuis l’arrêt des voyages de Vision du Monde au Mali à l’automne 2011, le fonds de développement (3% du prix du voyage) récolté pour nos voyages à vélo en Autriche et en Suisse est reversé au Mali pour financer de nouveaux projets de développement.

Bouréma nous fait part du suivi des projets réalisés au Pays Dogon dans les villages partenaires de Vision Du Monde et identifie de nouveaux projets.

 « Cette mission m’a conduit dans plusieurs villages partenaires. Tout d’abord, je suis allé à Koundou où j’ai rencontré les membres du comité de gestion du village. Je leur ai alors expliqué l’objet de ma mission et ils m’ont fait visiter le logement des enseignants financé par Vision du Monde.

La population de Koundou paye à ses propres frais 2 enseignants. Elle cotise de l’argent et les personnes le souhaitant peuvent payer en nature (céréales ou volailles). 

Cependant, le logement des enseignants tient à peine. Le soubassement sur la terre sableuse est affaissé dans le sable et a provoqué des fissures sur les murs du bâtiment. Une partie du bâtiment risque de s’effondrer avec l’arrivée des pluies. Malgré l’état défectueux de la construction, un enseignant habite dans une partie. Les villageois de Koundou sollicitent ainsi Vision du Monde pour le financement de l’entretien du logement réservé aux enseignants.

 

Ensuite, ma mission m’a conduit au village de Banani. J’y ai rencontré les membres du comité de gestion, 


qui m’ont fait visiter le
moulin et le pont, projets financés par Vision du Monde en 2010 et 2013.

Le pont n’a pas subi d’altération. Quant au moulin, il fonctionne toujours mais des pannes surviennent souvent. Le comité mis en place  arrive à payer les frais de dépannage avec les recettes. C’est l’association des femmes du village Essoubem, qui gère le moulin. Ce dernier permet d’alléger leur tâche quotidienne.

Le comité me fait part d’un nouveau projet qui consistera en l’aménagement d’un passage qui reliera les anciens villages aux nouvelles habitations.

 

Le prochain village que je visite est celui de Sangha. Les habitants me montrent nos réalisations au centre de santé communautaire de Sangha. Les différents projets financés tiennent bien. La salle financée par Vision du Monde a servi, tout d’abord, de salle d’hospitalisation puis comme magasin de stock des aliments pour les enfants malnutris. Aujourd’hui, elle sert de salle de vaccination pour les enfants.

Les salles du service pédiatrie sont bien éclairées grâce à leur électrification photovoltaïque (financées aussi par Vision du Monde). Les installations fonctionnent correctement.

La salle financée par les appuis aux développements à travers l’Association pour la Protection des Patrimoines de Sangha (APPS) abrite toujours les congélateurs solaires qui conservent les vaccins et autres médicaments.

 

Vient ensuite le tour du village de Gongo, situé sur un plateau. Une rencontre est organisée avec les notables du village et les enseignants.

Après explication de l’objectif de la mission, la population a sollicité 3 projets communautaires :

1. Banque de céréale : avec l’insuffisance des pluies, la population n’arrive pas à l’autosuffisance alimentaire et a du mal à se ravitailler. Pour cette  raison, la population souhaite une banque qui conservera du mil, aliment de base en Pays Dogon.

2. Construction d’une borne fontaine avec conduite d’eau dans la cour de l’école. Le village dispose déjà d’un forage avec un château et des fontaines.

3. Un moulin pour les femmes du village. La population prendra en charge la construction de la loge du moulin. Elle sollicite Vision du Monde pour le moulin, le frais de transport et l’installation.

 


Le dernier village que j’inspecte est celui de Konsogou Ley.

Les autres membres du comité étant partis aux champs, j’ai rencontré le propriétaire du campement, Abraham Kéné.

Après discussion avec le comité, Abraham m’informe que le village sollicite un projet de micro-crédit pour 31 femmes du village. Ce crédit leur permettra de créer de petits commerces et d’aider à l’embouche de petits ruminants.

Grâce à l’appui au développement, Konsogou Ley a, par le passé, entretenu le barrage et réparé à plusieurs reprises la pompe à eau India. »

 

Bouréma DOLO

 

Suite à cette mission, Vision du Monde va identifier les projets prioritaires en vue de leur financement.

 

Retrouvez tous les projets de développement de Vision du Monde au Mali

Vous aussi, soutenez nos projets de développement au Mali en partant sur l’un de nos voyages à vélo en AUTRICHE et en SUISSE.

Partez en Afrique avec Vision du Monde au SENEGAL, en OUGANDA, en MAURITANIE, au MAROC.